Projet de recherche

De nombreuses personnes ayant subi des violences sexuelles sont souvent ambivalentes face à l’appellation « victime », fortement associée à la passivité et évoquant une figure impuissante, voire pathétique. Si ce rejet est compréhensible, il soulève néanmoins des interrogations : qui est une victime, sinon une personne ayant subi des torts graves, des violences comme le viol ou l’inceste ? Pour comprendre et résoudre ce casse-tête, j’adopte l’hypothèse, à l’aune des méthodes de l’ingénierie conceptuelle, que le concept de victime doit servir à reconnaître qu’une personne a subi un tort, et qu’elle a droit à certains biens moraux. Or, en décourageant les victimes de se reconnaître comme telles, la dimension péjorative du terme « victime » nuit à ce but. C’est pourquoi l’objectif principal de ma thèse est de développer une définition originale de la victimité. Je défends qu’il s’agit d’un concept normatif : les victimes sont des personnes qui ont droit à des réparations morales en vertu de torts subis.


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